La Fugue - N°27 Couv.jpg

EDITO - « Nous sommes en guerre » le 24 février 2022 quand Emmanuel Macron parle de l’Europe, et nous étions déjà « en guerre » le 16 mars 2020 face au Covid-19. La guerre surprend toujours les victimes et quelques fois les belligérants. Et nous sommes déjà loin des guerres du siècle précédent comme si nous avions dépassé l’âge des guerres de masse. Elles deviennent de moins en moins militaires et de plus en plus économiques et symboliques. Les guerres militaires deviennent des guerres d’influence et des guerres d’images. Ces nouveaux codes sont difficiles à saisir et il faut s’armer de patience et de prudence afin de ne pas se perdre dans une propagande ou l’autre. Il y a loin d’une “invasion russe“ à une “opération de maintien de l’ordre en Ukraine“. Les films de Pierre Schoendoerffer sur la guerre d’Indochine, et les écrits de Andreï Makine nous permettent de comprendre la guerre aussi à travers l’art. Les guerres nous inspirent presque autant qu’elles nous effraient.

 

Par Alban Smith

 

Sortir et lire

Photographies en guerre, exposition au Musée de l'Armée - Du mercredi 6 avril 2022 au dimanche 24 juillet 2022

Documents d'archive, outils de propagande ou monuments mémoriels, les photographies de guerre exposées au Musée de l'Armée retracent l'histoire des conflits armés de 1849 à nos jours, ainsi que la construction de la photographie comme procédé technique et médium d'information. - Par Ombeline Chabridon

L'Amour dure trois ans, Frédéric Beigbeder (2011)

Un ramassis de vulgarité, de grossièreté et de bêtises.

Beigbeder, qui se la veut acide et piquant, ne signe ici qu’une accumulation de conneries plus grosses que lui et ne se présente qu’à travers une image narcissique et larde.

Après son divorce (moment de vie qui n’a rien d’extraordinaire), il affirme que l’amour, donc, ne dure que trois ans.

A cela, que répondre ?

Non, mon cher Frédéric, l’amour n’existe tout bonnement pas pour les êtres égoïstes comme vous.

Le constat est là, honnête et écrit, à l’instar de ses mots : sa notoriété au service d’un talent qu’il n’a visiblement pas.

A bon entendeur. - Par Charlotte Cros de Gracia

Toxique, Françoise Sagan (1964)

Été 1957.

Amoureuse d’excès et de vitesse, Françoise Sagan, née Quoirez, fête ses vingt-deux ans.

Après une énième crise, elle finit dans un fossé au volant de sa voiture de sport, ayant enchaîné trois tonneaux.

Trois mois d’hospitalisation plus tard, la voilà devenue dépendante à la morphine. S’ensuivent alors des semaines entières en cure, seule, loin de Paris et de ceux qu’elle aime tant.

De cette solitude obligée naquit Toxique, journal à plaies ouvertes : entre les lignes, Françoise partage ses angoisses et ses névroses. Elle livre, sans filtre, sa déchéance pour une guérison plus grande, elle s’observe, et écrit sa peur de la mort, mais son espoir (toujours immense) de vivre entièrement et simplement.

Jeune femme brisée, cynique et entière, Françoise offre, entre ces pages, une réplique cinglante à tous les imbéciles qui ont prétendu qu’elle n’était pas un écrivain.

L’art d’écrire dans la détresse, ou l’art de crier en silence, vacillant tout à tout entre psychose, démons et reconstruction,

à lire sans aucune modération. - Par Charlotte Cros de Gracia

 
 

A propos

Un journal symphonique

 

La fugue est un motif musical. C’est un morceau à plusieurs mains, une partition fuyante qui unit ses voix, une mélodie unique et plurielle à la fois. Le thème principal du morceau s’échappe sans cesse en passant d’un pupitre à l’autre. La fugue est exigeante et symphonique, et c’est de cette technique de composition musicale que notre Journal se réclame. Chaque mois, nous nous consacrons à un sujet de réflexion qui doit s’épanouir au rythme de nos différentes voix : l’Histoire, la Philosophie, l'économie, la Littérature et l’Histoire de l’Art, auxquelles s’ajoutent un coup d’œil sur l’actualité et l’entretien exclusif d’une personnalité politique ou intellectuelle. 

Dans cette évasion littéraire et culturelle à laquelle nous nous livrons avec enthousiasme, nous réclamons la faveur de recevoir le la des géants qui nous ont précédés : ces poètes, artistes et penseurs français sur les épaules desquels nous prétendons humblement nous hisser. 

 

Rendre hommage à la littérature

 

A la suite de Claude Roy, nous concédons que la littérature est parfaitement inutile, mais comme lui, nous maintenons tout de même avec ferveur qu’elle « aide à vivre », et là réside notre enthousiasme. Et puis, c’est aussi un devoir qui nous anime, celui de la conscience d’un héritage auquel nous sommes redevables. Enfin, nous brandissons comme un étendard cette citation de Lévinas qui nous emplit d’espérance : « L'action de la littérature sur les hommes, c'est peut-être l'ultime sagesse de l'Occident ». Nous sommes donc un journal littéraire quoique nous parlions aussi d’histoire, de philosophie, d'économie, d’histoire de l’art et d’actualité, parce que, si nous ne sommes pas des spécialistes de nos domaines respectifs, nous sommes pour le moins des lecteurs.

 

C’est donc à la musique que nous confions le destin de notre revue : à cette forme particulière de la fugue et à sa devise de liberté exigeante, à laquelle il ne manque que vous pour ajouter votre note.

 

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