La fugue est une forme d’écriture musicale où l’auditeur peut constater que le sujet fuit d’une voix à l’autre, d’un instrument à l’autre. Née au XVIIème siècle, c’est Bach qui en définit l’architecture aboutie et elle figure sans doute parmi les compositions les plus exigeantes. Ce journal tente de reprendre cette pratique musicale en l'adaptant à un genre plus littéraire. Chaque mois nous choisissons un sujet de réflexion et le traitons sous des aspects aussi divers que variés : philosophie, actualité, histoire, … Chacun explore le sujet mensuel dans sa discipline afin d'en tirer toute la sève.

 

Sortir et lire

Days of Heaven, Terrence Malick

Days of Heaven, Terrence Malick, 1978, 1h34

Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1979

Oscar de la meilleure photographie aux Oscars 1978

Un homme, sa compagne et sa sœur quittent Chicago et ses usines pour aller faire les moissons dans le nord du Texas. Sur place, l’homme convainc sa compagne de séduire le jeune et riche fermier, atteint d’une maladie incurable. Peu à peu, la femme commence à tomber amoureuse du fermier. L’intrigue est relativement convenue et développée à son strict minimum (le fermier n’a même pas de nom). Mais c’est son traitement qui fait passer cette œuvre d’un téléfilm moyen à une expérience inoubliable. D’abord, Malick laisse de la place à son très bon casting pour s’exprimer. Il traite aussi le sujet avec beaucoup d’intelligence, en évitant les plans et dialogues inutiles et les postures complaisantes ou moralisatrices. Le réalisateur se concentre sur la spécificité de son medium, l’image, et en tire tout son potentiel. Tout comme dans son premier film Badlands (ou La Ballade Sauvage), c’est par ses sublimes plans de la campagne texane que Malick exprime son propos et enchante son histoire. Le ciel texan écrase et sublime les personnages, embrasés par cette lumière biblique des heures bleues et dorées. Le film a uniquement été tourné à ces heures, respectivement celle précédant le lever du soleil, qui donne un ciel aux teintes azurées et celle précédant son coucher et qui colore le ciel de rouge, rose et orange. Au cinéma, il y a des plans, si parfaitement amenés et composés, qu’ils se gravent éternellement dans votre rétine. Ce film en est saturé. – Par Alain d’Yrland de Bazoges

Ouvrir un vieux livre…

  

Quel objet étonnant que le livre : si précieux et si secondaire ! Il est beau, il est doux sous les doigts, il sent les années passées dans la bibliothèque, ou l’encre fraîchement imprimée sur les pages éclatantes. Pourtant, ce n’est pas tellement du livre qu’on se nourrit, mais des mots qu’il emprisonne, des histoires que ces derniers racontent et des arguments qu’ils développent. D’un côté le livre n’est qu’une succession de feuilles de papiers, de l’autre c’est une inépuisable source d’émerveillements, de sensations et de réflexions. Le livre est paradoxal ! Mais plus que ça : le livre est magique, le livre est grimoire : il enferme des aventures, des heures de lectures, non seulement les siennes mais aussi celles des autres … C’est peut-être pour ça qu’on aime autant les vieux livres. On se sent former une communauté humaine avec ceux dont les mains ont tourné les pages des mêmes ouvrages, ceux dont les yeux ont suivi les phrases des mêmes chapitres … Le livre est histoire, le livre est héritage, le livre est patrimoine : c’est peut-être aussi pour cela qu’il est si grave de le brûler. Pourtant, le livre n’est que papier, le livre n’est pas sacré, il n’est pas réservé à certains, interdit à d’autres et surtout, il n’est jamais trop beau pour être lu. – Par Les Yeux de l'étonnement

Réparer les vivants, Maylis de Karengal

Réparer les vivants, Maylis de Karengal, Editions Verticales, 2014

 

Prix Pierre-Espil 2014

Prix Paris Diderot - Esprits Libres 2014

Prix Orange du Livre 2014

Prix littéraire Charles-Brisset 2014

Prix Agrippa-d'Aubigné 2014

Ce roman de M de Kerangal se trame au rythme du cœur, à la cadence de la mer et du surf, de l'amour, dans tout ce qu'il est, et de la mort. L'auteure fait une ode à la vie, chante à travers la voix de Thomas ce qu'elle a été, à travers celle de Simon Limbres, celle que sera celle d'Hélène, avec le cœur d'un autre. C'est aussi par une multitude de personnages aux psychologies fouillées et diverses que M. De Kerangal trace un tableau réaliste  de ce que sont les vivants, et leurs morts, dans tout ce qu'ils ont de plus mystique. 

Enfin, on retrouve l'écrivaine dans sa verve puissante, jamais gratuite, mais parfois crue, et nous la suivons malgré nous volontiers dans les blocs hospitaliers. Le don d'organes sur lequel s'appuie M. De Kerangal sert la problématique de la vie, de la mort, et de l'espace de pause, ces "limbes" dans lesquelles séjourne vingt-quatre heures Simon Limbres. – Par Apolline Debras

 
 

L'équipe

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Alban Smith
Cofondateur et rédacteur

​Étudiant en Master en École de commerce et titulaire d'une licence de Philosophie et d'Anglais.

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Hervé de Valous

Cofondateur et rédacteur

​Étudiant en Master II dHistoire, parcours "Recherche et Agrégation" à la Sorbonne.

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Emmanuel Hanappier

Rédacteur

​Étudiant en Licence au Collège de droit de Versailles Saint Quentin.

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Ombeline Chabridon

Rédactrice

​Élève en deuxième année à l'École nationale des chartes.

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Olivia Jan

Rédactrice

Apprenante en restauration et conservation de tableaux et d'objets d'art polychrome à l'ATPFormation.

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Alain d'Yrlan de Bazoge

Rédacteur

​Étudiant en Master de Management Public et Privé à Paris.

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Aliénor Brochot

Secrétaire de rédaction

Deuxième année d'orthophonie après deux ans d'étude de Lettres.

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Pauline Doutrebente
Directeur artistique

Étudiante en design graphique à LISAA.

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Maëlys de Bourayne
Chargé de communication

Étudiante en Master I de recherche en Littérature française à La Sorbonne.

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Ysende Debras

Responsable brèves

Étudiante en arts de la scène au CDAS - Metteure en scène de la comédie musicale « Orient, une voie dans le désert »

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Apolline Debras
Maquétiste

Étudiante en DSAA Événement Médiation Culturelle à l'École Boulle.

 

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