La fugue est une forme d’écriture musicale où l’auditeur peut constater que le sujet fuit d’une voix à l’autre, d’un instrument à l’autre. Née au XVIIème siècle, c’est Bach qui en définit l’architecture aboutie et elle figure sans doute parmi les compositions les plus exigeantes. Ce journal tente de reprendre cette pratique musicale en l'adaptant à un genre plus littéraire. Chaque mois nous choisissons un sujet de réflexion et le traitons sous des aspects aussi divers que variés : philosophie, actualité, histoire, … Chacun explore le sujet mensuel dans sa discipline afin d'en tirer toute la sève.

 

Sortir et lire

La Danseuse, Stéphanie di Giusto

La Danseuse, Stéphanie di Giusto, 1h 48 (2016)

1 prix et 5 nominations aux César 2017

7 nominations au Festival de Cannes 2016

Une danseuse, Loïe Fuller, venue d’Amérique pour trouver le succès en France au temps de la Belle Époque se retrouve en proie au succès, à la concurrence et à la manipulation. La fièvre de la danse l’habite, elle est déterminée, nonchalante mais aussi profondément torturée - la malédiction des génies ! Elle est une pionnière dans l’art de la danse puisqu’elle révolutionne le rapport au corps, notamment grâce à ses installations : ses bras sont en effet prolongés de longues baguettes en bois auxquelles sont fixés des mètres et des mètres de soie et de drapé. Une idée aussi originale qu’elle est physique. Loïe souffre de ses créations, très lourdes pour son corps menu et fragile. Cela a toutefois le mérite d’offrir au spectateur des scènes de cinéma magnifiques, où le jeu des lumières et des drapés semble presque irréel et magique. La musique choisie pour le film met d’ailleurs très bien en valeur les qualités cinématographiques et artistiques de certaines scènes. Une douce et savoureuse tension se poursuit tout au long du film tandis que poésie et sensations se mêlent au drame. La femme qui devint la star des cabarets et l’étoile de l’Opéra de Paris nous éblouit donc par son talent, tout en nous repoussant par son mal être. Un être controversé et fascinant qu’il nous plaît de découvrir d’autant que les acteurs rendent hommage à l’histoire par leur jeu authentique et puissant. Je vous recommande donc chaudement ce biopic original. – Par Charlotte Chomard

L'Aube sera grandiose, Anne-Laure Boudoux

L'aube sera grandiose, Anne-Laure Boudoux (2017)

​Édition Gallimard Jeunesse

L’aube sera grandiose… Comme grandiose est la lecture de ce roman aux saveurs épicées et tendres, qui saurait faire pleurer le plus dur de tous les cœurs. C’est l’œil humide que l’on achève ces pages d’Anne Laure Bondoux, véritable magicienne de l’écriture qui nous fait danser une gigue temporelle. Les années 70, 80, 90… jusqu’aux années 2000 voient le lecteur vivre au gré de la petite Consolata et de la forte Rose-Aimée, au gré des rires d’Orion et des bouderies d’Octo. Il n’y a plus un héros ici, mais quatre… des héros pleins de défauts mais des héros généreux, des héros qui se trompent mais qui demandent pardon. Dans l’obscurité de « la cabane », commence alors une épopée contemporaine qui charmera les cœurs et ne laissera personne indifférent. L’aube sera grandiose, c’est ce passage nécessaire de la nuit obscure et des chagrins pour vivre ce printemps éternel de l’écriture, c’est à la fois la nostalgie et l’envie de demain, la douceur d’une époque révolue et l’espoir d’un futur prometteur, que tout un chacun ne pourra que comprendre et chérir. – Hélène Lecointre

Moby Dick, Herman Melville par Yngvild Aspeli

Moby Dick, Herman Melville, par Yngvild Aspeli (2021), 1h30

 

Au théâtre Monfort

Enfin ! Enfin Paris, et toute la France avec elle, ont retrouvé leurs théâtres, cinémas, musées… Pour fêter ça, je me suis précipitée au Monfort pour admirer la nouvelle création d’Yngvild Aspeli, inspirée du roman bien connu d’Herman Melville. Je peux vous dire que je n’ai pas été déçue. La scénographie est sublime. Le spectacle s’ouvre avec une immense carcasse de navire qui occupe toute la scène. Sur les côtés, en avant-scène, une batterie, une guitare et une contrebasse attendent leurs musiciens qui animeront le spectacle avec un talent qui confine à la virtuosité. En parlant de virtuosité, il faut souligner aussi l’usage des marionnettes, d’une poésie sans nom. Les marionnettistes nous offrent notamment un épisode de chasse à la baleine absolument inoubliable. Les acteurs qui se mêlent aux marionnettes sont bons, très bons même...bref, que ce soit dû à l’enthousiasme des retrouvailles avec les salles obscures ou à la qualité du spectacle, je n’ai rien trouvé à redire. Je ne saurais que trop vous encourager à filer le voir avant qu’il ne soit trop tard. – Ysende Debras

 
 

L'équipe

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Alban Smith

Cofondateur et rédacteur

​Étudiant en Master en École de commerce et titulaire d'une licence de Philosophie et d'Anglais.

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Hervé de Valous

Cofondateur et rédacteur

​Étudiant en Master d'Histoire de Recherche et Agrégation à La Sorbonne.

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Emmanuel Hanappier

Rédacteur

​Étudiant en Droit - sciences politiques à Paris.

Ombeline Chabridon

Rédactrice

​Élève en première année à l'École nationale des chartes.

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Olivia Jan

Rédactrice

Apprenante en restauration et conservation de tableaux et d'objets d'art polychrome à l'ATPFormation.

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Alain d'Yrlan de Bazoge

Rédacteur

​Étudiant en double diplôme HEC-Science Po en Management Public et Privé.

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Aliénor Brochot

Secrétaire de rédaction

Première année d'orthophonie après deux ans d'étude de Lettres.

Inès de Sevelinges

Maquétiste

Étudiante en Licence 3 d'Histoire à La Sorbonne.

Pauline Doutrebente

Responsable Communication

Étudiante en design graphique à LISAA.

Ysende Debras

Responsable brèves

Étudiante en arts de la scène au CDAS - Metteure en scène de la comédie musicale « Orient, une voie dans le désert »

 

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